Aujourd’hui, je vous partage une tranche de vie en lien avec les croyances que nous nous créons ou que nous « achetons » pendant notre cheminement.

« Elle est donc ben pas belle »

Enfant, j’ai demandé à ma mère de me raconter l’histoire de ma naissance. De tout ce qu’elle m’a raconté, j’ai retenu une phrase. Phrase qu’elle aurait prononcée alors que le médecin me présentait à elle, avec ma tache mauve dans le front et le crâne déformé par les forceps.

« Elle est donc ben pas belle »

Dans mon souvenir de cette histoire, c’est le médecin qui rassurait ma mère : « Ben non, ben non, elle est correcte. »

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La vérité

Est-ce vraiment ainsi que cela s’est passé? Probablement pas.

Est-ce ainsi que ma mère me l’a raconté? Certainement pas!

Mais c’est ainsi que cette histoire s’est imprégnée en moi. Bien sûr, plus tard, j’ai confronté ma mère à ce sujet. Celle-ci était vraiment étonnée de ma version de cette histoire et l’a clarifiée à mon intention.

Malgré cela, je restais attachée à ce que j’avais cru déchiffré dans ses propos alors que j’avais 7 ou 8 ans. Dans ma tête d’enfant, toutes les mères trouvent leur nouveau-né beau; si ma mère ne m’avait pas trouvée belle, c’est qu’elle avait dû voir quelque chose de laid en moi, quelque chose de malsain, de répugnant.

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Les faits

J’ai toujours été consciente que je n’étais pas physiquement repoussante au point de faire peur aux enfants!

En mon for intérieur, si l’on me complimentait sur ma beauté, je me disais : « Ben oui… va au diable. » (D’accord, ce que je me disais était plus cru que ça mais je suis gênée de l’écrire!!!)

J’étais convaincue que mes traits physiques qui étaient acceptables permettaient tout juste de camoufler la laideur qui m’habitait.

Triste consolation.

De plus, ma croyance s’appuyait sur une preuve concrète : je n’étais pas photogénique. Chaque photo révélait, selon moi, ma vraie nature. Crispée, tendue, artificielle… un vrai fiasco. Même les gens qui me portaient une sincère affection, en les regardant, esquissaient un sourire grimaçant : « Les prochaines seront sûrement meilleures. » me disaient-ils.

Les conséquences

Pendant une longue période de ma vie, mon estime de moi était très faible, pour ne pas dire inexistant.

Un jour, j’ai renoncé. Renoncer aux photos, renoncer à trouver une preuve dans le regard des autres. Je me suis résignée à l’existence de cet aspect tout en laideur de moi, que je ne pouvais pas dissimuler à une lentille de caméra.

Lorsqu’il m’arrivait d’aborder ce sujet avec des confidents, j’avais droit à : « Arrête, tu le sais que t’es belle, tu veux juste te le faire dire. » Ce qui ne faisait qu’ajouter à cette souffrance d’être à laquelle j’avais fini par m’habituer.

Résilience

Puis, j’ai fait la paix avec l’idée qu’une partie de moi était laide.

Je me suis donné comme mission de débusquer le meilleur en moi et de le vivre au quotidien. Avec le recul, j’imagine que c’est en partie ce qui m’a tant enthousiasmé dans la démarche consistant à découvrir mes plus grandes Forces. J’étais à la recherche de cette mythique beauté intérieure, de ma beauté intérieure.

J’ai fini par l’apercevoir mais je restais accrochée à la croyance que je n’étais pas photogénique.

OUI! C’était dans ma tête. Et, ça me pourrissait la vie!

La réalité

Le jour où ma vie professionnelle a commencé à prendre un autre tournant, où j’ai décidé de créer mon entreprise; le calvaire des séances de photo s’est à nouveau présenté à moi. Chacune plus décevante et éprouvante que la précédente.

J’en étais arrivé au point où j’envisageais sérieusement de faire disparaître toute image de moi sur mes imprimés et sur le web et de la remplacer par un bonhomme sourire!

L’expérience

J’ai tout de même décidé de me livrer à l’expérience une dernière fois car au fond de moi persistait l’espoir. J’étais fermement déterminée à ce que ce soit la dernière tentative et à ne plus m’imposer cette torture émotionnelle.

Je me suis présenté à la photographe dans un état de stress évident avec une nuit blanche comme trame de fond.

Elle m’a dit : « Fais-moi confiance. »  Elle me parlait avec douceur, me guidait, me faisait connecter avec mon être tout en manipulant discrètement son appareil. Cela n’avait rien de la méthode traditionnelle consistant à faire prendre une pose ou une autre. C’était comme une danse, comme un dialogue entre mon être et le sien.

Lorsqu’elle m’a proposé de regarder le résultat, j’étais terrorisée. Elle semblait emballée mais je ne voulais pas me faire de fausse joie.

Confirmation

Lorsque j’ai vu ces photos de moi, je me suis mise à pleurer.

Depuis toujours, mon époux me disait : « T’es belle » et je lui répondais : « T’es donc ben fin. » Il avait beau me dire qu’il avait été séduit par ce que je dégageais… je n’arrivais pas à le croire. Je trouvais difficile de comprendre pourquoi un homme aussi intègre et honnête que lui me racontait ça.

Et là, pour la première fois, j’ai pu voir de mes yeux ce qu’il voyait en moi.

J’ai enfin pu dire : « Je suis belle » et ainsi balayé 44 ans de laideur.

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    Lyne – Juin 2014

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