L’été dans l’hémisphère nord, c’est le temps des jardins et des potagers, qui glisse doucement vers le temps de la récolte et des moissons. C’est dans cette optique que j’ai choisi aujourd’hui de vous raconter une petite histoire.

Chaque été, depuis que Pierre a 4 ans, il vient passer l’été chez sa grand-mère qu’il appelle affectueusement Nanny.

Nanny, femme douce et mystérieuse, a, dans son village, la réputation d’être un peu sorcière. Et cela, à cause de l’abondance spectaculaire de son jardin de fleurs et de fruits, année après année.

Pierre est maintenant un jeune homme, qui poursuit de sérieuses études. Toutefois, cette année, il ne profite pas autant de son été que les années précédentes. La différence majeure étant que ses après-midi sont consacrés à étudier plutôt qu’à se prélasser avec Nanny en prenant le thé au jardin.

Pierre est un jeune homme très brillant, mais le français lui pose certaines difficultés. Bien qu’il produise des dissertations au contenu pertinent, la forme laisse quelque peu à désirer.

Sur la recommandation de ses enseignants, Pierre a décidé de suivre des formations en ligne pour améliorer son français. Chaque après-midi, il consacre de 4 à 5 heures intensives à ses études.

Après 4 semaines, Pierre constate qu’il s’est un peu amélioré, ce qui le motive à continuer. Il ressent toutefois une certaine culpabilité face à Nanny, qu’il voit se diriger seule chaque après-midi vers son jardin.

Un jour, Pierre décide de terminer plus tôt son travail intellectuel et de rejoindre Nanny parmi ses fleurs. À sa grande surprise, le jardin n’est pas aussi coloré et luxuriant que dans ses souvenirs. Peut-être sa mémoire lui joue-t-elle des tours ? 

Le lendemain, Pierre n’arrive pas à se concentrer sur son travail. L’image de jardin de Nanny occupe son esprit. Il décide de prendre congé et se dirige vers l’arrière de la maison. Arrivé près des premiers buissons de fleurs, il prend quelques minutes pour observer la vieille femme.

Plus il l’observe, plus il devient perplexe. Sa grand-mère arrose les mauvaises herbes! Un peu confus, il se dit qu’elle sait ce qu’elle fait et il retourne à ses livres.

L’été coule doucement et Pierre continue à vaquer à ses occupations. Un matin, il décide de lire à l’extérieur. Arrivé dans le jardin, c’est la consternation!

Le chiendent et les vieilles tiges de pissenlit ont envahi tout l’espace. Il croit même apercevoir de l’herbe à poux près des clôtures. Il y a bien quelques fleurs çà et là, et quelques fruits qui sont prêts pour la cueillette, mais c’est une catastrophe en comparaison du souvenir qu’il a de son enfance. De perplexe qu’il était il y a quelques semaines, il devient maintenant inquiet. À croire que Nanny n’a plus toute sa tête!

Incapable de se plonger plus avant dans ses travaux, il réfléchit intensément à la situation en ressentant une certaine culpabilité. Il aurait dû voir que Nanny n’allait pas bien, qu’elle posait des actes incohérents. Finalement, l’arrosage des mauvaises herbes n’était pas un geste anodin, c’était le premier signe que la vieille femme perdait l’esprit.

Il est encore pensif quand surgit Nanny. Souriante comme à son habitude, elle prépare le thé sous l’œil scrutateur de Pierre. S’il n’y avait pas la décrépitude du jardin comme preuve à l’appui, il serait tenté de dire que Nanny se comporte normalement. Mais l’évidence est là et il ne peut la nier : Nanny déraisonne.

Guettant chacun de ses mouvements, c’est avec un pincement au cœur qu’il accepte son invitation à prendre le thé dehors. Il sait qu’il doit la confronter, la mettre devant les faits.

Torturé par son débat intérieur, il écoute Nanny d’une oreille distraite alors qu’elle lui raconte les derniers potins. Il profite d’une pause pour entamer la douloureuse discussion.

– Nanny, que s’est-il passé avec ton jardin ? demande-t-il.

– Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il a mon jardin? lui répond-elle innocemment.

– Mais Nanny, regarde autour de toi. C’est plein de mauvaises herbes partout, tes fleurs ont peine à se frayer un chemin et c’est tout juste si quelques fruits ont survécu! 

Et il poursuit à voix basse :

– Tu sais, je t’ai surprise en train d’arroser les mauvaises herbes l’autre jour…

– Ha! oui ? répond Nanny, toujours souriante. Et qu’en as-tu tiré comme conclusion?

Pierre, mal à l’aise, commence à se trémousser sur sa chaise. Comment lui dire qu’elle est un peu dérangée ?!?

– Nanny, tu sais que je t’aime et que je veux ton bien. Mais là, il faut se rendre à l’évidence : tu ne vas pas bien, tu ne vas pas bien du tout. Il ne faut plus avoir toute sa tête pour arroser les mauvaises herbes plutôt que les fleurs dans ton jardin…

Il parle sans la regarder tant il est gêné de devoir amener le sujet. Il lève les yeux et à son grand étonnement, Nanny sourit encore.

– Tu sais Pierre, c’est toi qui m’as inspirée pour arroser les mauvaises herbes de mon jardin.

Pierre est renversé! Où va-t-elle chercher ces drôles d’idées? Elle est complètement… déconnectée. Le premier mot qui lui est venu à l’esprit c’est « complètement folle », mais il s’empresse d’adoucir cette affirmation blessante, même s’il la garde pour lui.

Nanny poursuit.

– Quand tu es arrivé à la maison cette année, tu t’es tout de suite mis à étudier. Comme tu es un jeune homme intelligent, instruit et cultivé, je me suis dit que tu avais sûrement raison de consacrer ce temps à tes études.

Jusque-là, Pierre n’a rien à redire, cela fait sens pour lui. Il apprécie que sa grand-mère reconnaisse son intelligence et ses efforts.

– Puis, poursuit Nanny, tu m’as expliqué que tu étudiais parce que tu ne réussissais pas très bien dans certaines matières. Tu reconnaissais ne pas avoir de talent en français.

Pierre se dit que sa grand-mère, même si elle ne faisait plus preuve de cohérence, avait quand même de la mémoire. Mince consolation!

– Alors, j’ai décidé de faire la même chose que toi… mais avec mon jardin! ajoute-t-elle en souriant de plus belle.

Pierre reste muet, interloqué. Pas tellement certain de saisir le discours de sa grand-mère.

Nanny reprend.

– Tu as décidé d’investir du temps et des efforts pour améliorer des sphères où tu n’as que peu de talent, dans l’espoir d’avoir de meilleurs résultats. Comme tu es intelligent et instruit, je me suis dit que tu savais probablement ce que tu faisais. Que tu savais comment réussir et obtenir du succès dans tes projets, alors j’ai appliqué cela à mon jardin. Plutôt que de consacrer des soins et du temps à mes plus belles fleurs, je les ai consacrés aux mauvaises herbes. Ce que tu vois, c’est le résultat de se consacrer aux mauvaises herbes plutôt qu’aux fleurs. Tu arroses tes mauvaises herbes Pierre… donc, moi aussi!

Elle avait ajouté cette dernière phrase avec un regard malicieux qui ne la quittait pas.

Pierre ne dit rien et sourit à son tour. Il était maintenant rassuré.

Nanny était loin d’avoir perdu la tête!

Cette histoire, un peu longue je vous le concède, est la plus belle métaphore pour expliquer l’approche axée sur le développement des talents, qui est partie intégrante du premier point clé.

C’est là que vous avez le plus de pouvoir : au moment de choisir si vous arroserez les fleurs ou les mauvaises herbes.

1) « Connais-toi toi-même » Socrate

Afin de pouvoir consacrer votre énergie au bon endroit, il est essentiel d’avoir la meilleure connaissance de soi possible. Tant  vos talents, qualités, compétences et forces, que de vos limites, défauts, lacunes et points faibles.

Les premiers afin de pouvoir les développer, les seconds afin de mettre en place des stratégies pour qu’ils n’entravent pas votre succès. Il s’agit pour vous d’investir le maximum à développer vos ressources naturelles. Et d’investir un minimum pour faire en sorte que vos points faibles ne vous nuisent pas. Sans plus.

Une bonne connaissance de soi est le précurseur des deux points clés suivants : l’amour de soi et la confiance en soi.

2) L’amour de soi

C’est ce qui vous permet de vous accepter tel que vous êtes, avec vos points forts et vos points faibles. C’est ce qui vous permet de vous reconnaître en tant que personne, de vous donner de l’importance et de porter sur vous-même un regard bienveillant.

3) La confiance en soi

La confiance en soi est cette aptitude à agir tout en croyant fermement être capable de réussir. Pour exister, elle nécessite une excellente connaissance de soi de même qu’un regard bienveillant envers soi.

4) L’estime de soi

L’estime de soi est cette combinaison harmonieuse entre l’amour de soi et la confiance en soi. Je précise ici harmonieuse, car si l’amour de soi relève plus de la complaisance que de la bienveillance, ou si la confiance en soi prend racine dans l’arrogance ou si ces deux conditions sont réunies, l’estime de soi est vacillante, pour ne pas dire inexistante.

 

Non seulement ces points clés sont garants de votre propre épanouissement, mais ils sont également porteurs dans vos relations avec autrui. Ils ont un impact majeur dans votre dynamique familiale, tout comme dans la progression de votre carrière et l’atteinte de vos objectifs de vie ou de vos rêves.

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